Utiliser les contes en ateliers de récit de vie.

« La vie est un roman, mais, la vérité de la vie, c’est le conte »
Michel Zink

Utiliser les contes en ateliers de récit de vie ou d’écriture

 

Une des particularités des ateliers et formations Resurgen se trouve dans l’utilisation des contes et des mythes comme thèmes déclencheurs du récit de vie et/ou de l’écriture. Les mythes et les contes parlent, de manière symbolique, de  ce qui fut, ce qui est et ce qui sera. Avec les différents contes et mythes, on approche les différents symboles cardinaux de la vie humaine.
Les contes révèlent la nature des expériences interpersonnelles concrètes qui tissent la vie d’un individu. On reconnaît dans le récit des contes et des mythes à la fois notre vécu et nos sentiments personnels. Ils expliquent, extrapolent et vérifient ceux-ci. Les mythes sont les symboles fondateurs de l’existence humaine, ils en nouent, dénouent et renouent la trame. Ils nous donnent à visiter l’essence de notre vécu et de nos sentiments personnels.

La quête du sens commence ainsi, dans la reconnaissance de la façon avec laquelle un individu a actualisé et incarné, avec sa créativité propre, quelque chose de collectif. C’est là aussi que la méthode des 4 intimes intervient comme boussole, pour repérer ce qui se passe dans l’histoire de telle ou telle personne et mettre à jour la trame structurante faite de nœuds, de conflits, de fusions, de fluidité retrouvée…

Le conte et le mythe racontent aussi le processus d’une métamorphose. Celle du héros qui, au travers des épreuves et d’un voyage périlleux, gagne un niveau supérieur de conscience. En tant que récits d’initiation, contes et mythes proposent des solutions aux risques psychologiques liés aux choix. Ils contribuent au processus de maturation identitaire. Avec la compréhension des mythes collectifs qui s’expriment dans les récits, on approche une compréhension plus profonde et authentique de nos mythes personnels.

« La raison et le savoir dont nous sommes si fiers ont étouffé notre capacité de croire, c’est-à-dire de faire confiance. Et notre monde est devenu craintif et avare… Pourtant les mythes et les contes nous éclairent pour nous avertir : tant que nous nous dépassons nous même, nous sommes en vie. Dès que nous nous arrêtons d’apprendre et de nous ouvrir au monde, quelque chose d’humain meurt en nous. «   (Michel HINDENOCH).

Les mythes et les contes populaires reflètent les structures les plus élémentaires, mais aussi les plus fondamentales de la psyché. Ils sont des productions culturelles orales, populaires, spontanées, et, en tant que telles, des récits archétypiques par excellence. Les mythes et les contes facilitent l’expression de l’inconscient collectif et permettent l’élaboration d’un lien entre le conscient et l’inconscient.

Ainsi, dans cette démarche, récit de vie et ateliers d’écriture permettent d’intégrer des dimensions essentiellement personnelles, le travail sur l’image, l’ego, l’illusion,  et interpersonnelles, la dynamique du groupe. Ce sont des éléments complémentaires, mais non confondus. Récit de vie et ateliers d’écriture, par le média collectif du conte, installent la distance nécessaire entre la personne et sa propre histoire. C’est l’espace créatif avec des aller-retour entre le personnel et le groupal.

Cela nous re-crée dans un espace psychique où les personnes, fondamentalement solitaires, et qui (se) sont acceptées comme telles, peuvent nouer des liens, briser cette solitude dans la reconnaissance de ce qu’il y a en chacun de différent et d’identique.

Et, enfin, elle nous établit là où nous nous définissons comme ayant restauré notre propre profondeur, en nous ouvrant à la confrontation la plus troublante. Reconnaître que notre réalité la plus profonde se fonde sur autre chose que nous-mêmes : la relation à l’Autre et aux autres.

C’est là que le sens apparaît, non comme une vérité figée, mais comme une histoire individuelle incarnée en une identité : celle de chaque personne.
Récit de vie et ateliers d’écriture permettent de porter témoignage de cette histoire et de cette identité que le travail avec les contes a permis de faire émerger.

La vie est un roman avec son lot de joie, de souffrances, d’espoir et d’amour. Le sens se trouve dans ce que chacun a fait de sa vie. Comme un tissage, jour après jour, de ce qui apparaît à la fois comme une histoire et une identité. Contes et mythes nous en proposent des modèles archétypiques.

Denis Carvin

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